Test de Rudora No Hihou sur Super Nes

La Super NES a vu défiler nombre de RPG de chez Squaresoft, tous plus beaux les uns que les autres, tous excellemment notés dans nos magazines préférés (surnotés pour certains). Rudora No Hihou, lui, s'était fait beaucoup plus discret. Voilà le test d'un jeu "oublié".

Fiche technique

Screenshot-titre du test de Rudora No Hihou
Développeur SquareSoft
Langue Français
Difficulté Moyenne
Genre RPG

Si un arbre tombe dans la forêt et qu'il n'y a personne pour l'entendre...

Cet arbre a-t-il fait du bruit en tombant ? Si un jeu sortait de chez Squaresoft en 1996 et qu'il n'y avait personne pour s'en soucier, serait-il vraiment sorti ? En tout cas pas dans nos contrées lointaines ! Heureusement, de braves traducteurs nous font découvrir des jeux peu connus, parfois bons... parfois moins bons. De quel côté se trouve ce "Trésor secret des Rudras" ?

Les Japonais aiment les héros avec des coiffures de merde, c'est scientifiquement prouvé en une seule image !
La fin du jeu, oui c'est un énorme spoil !

Une technique qui nique !

Au début on vous demande de choisir un scénario entre trois disponibles : Sion, Surlent ou Riza.

Prenons Sion comme exemple, un chevalier blondinet qui voudrait devenir chef de la garde de son bled. Enfin bled... Un bled avec un roi tout de même. Dès le départ, l'aspect graphique est ce qu'il y a de plus frappant, typique de Squaresoft à l'époque, beau, raffiné, détaillé. ...cependant, peut-être un peu moins que FF6 sur le même support.

Joli village de pierre, sprites des personnages de qualité, du tout bon même si les "donjons" manquent clairement de personnalité.

En combat on a droit à une vue de côté "à la FF". Encore une fois c'est très classique, vos 4 personnages maximum sont petits et vos ennemis à grande échelle, ces derniers sont cependant animé.

Oui très chers lecteurs, presque 10 ans après l'incroyable Phantasy Star de Sega sur Master System (8 bits ), Squaresoft le réalise sur Super Nintendo ( 16 bits ) !

Mais trêve de médisance, ce seul petit élément apporte incontestablement un plus grand dynamisme aux affrontements, d'autant plus que l'animation n'est pas composée de 2 ou 3 étapes minimalistes, non les mouvements sont très bien décomposés. Quel plaisir de voir des ennemis nous frapper !

Et le design dans tout ça ? Disons qu'il est cohérent mais sans coup d'éclat, mis à part certains Boss très réussis. Quelque Boss mécaniques font penser aux oeuvres de Jean Tinguely.

Oh oui donne-moi des coups de katana avec ta zolie animation !
Squaresoft, 1996, SNES, un style caractéristique.

combattre le futur, à coups de FUMURATO, RARABIZA et autres

Tout ça c'est bien beau mais venons-en maintenant au coeur du jeu : le gameplay des combats. De prime à bord classique, ceux-ci recèlent tout de même quelques subtilités, on vous donne l'ordre dans lequel vos persos agissent, chose très pratique puisque cela évite de gâcher un sort de soin sur un allié mort durant le tour, les joueurs d'anciens Final Fantasy seront de quoi il s'agit... Il s'agit alors d'un tour par tour parfait.

Mais le plus intéressant se trouve en amont, dans le menu. Avec les sempiternels "objets", "magies", "équiper", etc, se trouve "créer". "Créer quoi ?" me direz-vous, et bien il s'agit de créer des magies !

Cette fonction, à elle seule, vaut le détour. Grâce à un assemblage de syllabes, nous créons de la magie, au prix de points de magie. "Mais où trouver ces mots ?" vous posez-vous comme question. Il faudrait un chapitre entier pour vous l'expliquer ! Ça tombe bien le prochain chapitre en parle !

"Créer" cet intrus qui change tout !
Quelques milliers de possibilités.

C'est magique !

LA plus grosse originalité du jeu est son système de magie inédit. Mais comment composer les "mots" magiques ? Vous pouvez y aller au coup de chance, mais étant donné le nombre de possibilités, il y a peu de chances que vous trouviez de super magies et ne compter pas sur le nombre de MP qui s'affiche à côté du nom que vous venez de créer pour vous aider, plus vous ajoutez de syllabes plus ça coûte mais une magie qui coûte beaucoup ne sera pas forcément efficace.

Vous devrez trouver vos mots en parlant aux gens ou en les piquants aux ennemis puisque les noms des magies qu'ils utilisent sur vous s'inscrivent en combats.

Les sorts les plus impressionnants sont bien entendu l'apanage des Boss, très nombreux !

Vous avez aussi la possibilité de faire marcher vos méninges ! En effet quoi de plus gratifiant que de construire vos magies, simplement de manière empirique. Un exemple ? Vous voyez que le sort "trucmuche" redonne de la vie ( HP ) a un personnage et que "trucmuchemu" redonne de la vie à plusieurs personnages, vous en déduisez quoi ? Oui "mu" (dans mon exemple) a le pouvoir de faire passer le sort du statut individuel au statut groupé ! Un coup de génie addictif que ce système dont ont peut se demander pourquoi il n'a pas été repris par d'autres jeux !

Reste une autre possibilité, utiliser des noms ou mots existants dans le jeu ou pas, en sachant que le jeu a été consu par des Japonais, je n'en dirai pas plus.

Les magies sont, comme d'habitude, divisées en plusieurs catégories: soin, feu, eau, Yin, Yang... ici ces "éléments" prennent une importance considérable puisque certains équipements sont liés à un "élément", avoir une armure de feu augmente votre défense aux flammes mais le malus sur les pouvoirs d'eaux est considérable.

Être équipé du mauvais "élément" est souvent fatal face au Boss, heureusement les points de sauvegarde, matérialisés par une statue verte, ne sont jamais bien loin.

Je teste ici la version française, comme le dit le fichier LisezMoi : "en ce qui concerne le système de magie : formé à partir de mots japonais et interprétant celles-ci par leur nom, il est nécessaire de le reprogrammer entièrement pour obtenir des résultats vraiment professionnels. Pour une prochaine version éventuellement, cette RC2 ne nécessitant tout de même aucune connaissance du japonais." TERMINUS TRADUCTION

Rien de gênant donc mais si vous parlez l'anglais une version apparemment plus aboutie est disponible. Dans celle-ci si vous voulez une magie qui augmente la force "for exemple" il vous suffit de mettre "powerup" et le tour (de magie ) est joué. Vraiment ces anglophones sont des petits joueurs ! Un mini-guide de magies existe pour la version française à cette adresse http://www.generation-snes.fr/Soluces/Rpg/Rudora_no_hihou/ il n'en ressence "que" 258, c'est vous dire la richesse de l'ensemble.

À noter que les "donjons" sont courts, pas de labyrinthe ici, pas comme ce foutu paragraphe qui m'a semblé interminable !

Vers la fin du jeu les magies ont de la gueule !
Dans Rudora no Hihou le Père Noël est vraiment une ordure !

Un paragraphe pour les sceller tous !

Ah là là, finir ce test est embêtant, puisqu'il faut parler du scénario ...Enfin, des 3 scénarios. Tentons de résumer.

L'intrigue générale est simple, tous les 4000 ans une race est détruite par une sorte de créature : le Rudra. En réalité, plutôt que d'être détruite, cette race en sera surtout très réduite. En effet, on croisera quelques survivants des autres races. Après les Daanans, les Sirènes, les Reptiles et les Géants c'est au tour des humains d'être voué à la destruction, manque de pot nos 3 héros sont humains ! Vous avez 16 jours pour empêcher ce génocide. Rudra No Hihou, a un cycle jours / nuits ...Heureusement factice ! Vous pouvez dormir 15 fois à l'hôtel si vous voulez, tant que vous n'avez pas débloqué le scénario, vous resterez le même jour.

Scénario de Sion, chevalier: le blondinet veut devenir chef de la garde mais son destin est bien plus grand que ce second rôle. Il aura tôt fait de comprendre le danger qui guette.

Scénario de Surlent, Maître des mots: lors de recherches archéologiques, une pierre étrange est découverte, Surlent va devoir enquêter sur cet artéfact.

Scénario de Riza: la jeune fille va devoir purifier le monde. En effet ces sacrés humains ont pollué la planète, les cons ! Ce n'est pas nous qui ferions ça !

Une fois finis les 3 scénarios, une demi-surprise vous attend.

Le fait d'avoir 3 histoires distinctes à un intérêt de gameplay non négligeable, puisqu'une magie que vous trouverez dans l'une d'entre elles pourrait bien vous aider dans une autre, 32 magies sont stockables par scénario. Peut-être même y serez-vous contraint, en effet la difficulté est très mal dosée, tantôt facile tantôt difficile.

Les histoires personnelles de nos 3 zozos et de leurs compagnons ne sont pas très développées, clairement la priorité va au scénario. Mais la personnalité de certains est attachante. On regrettera quand même la linéarité du soft, impossible de prendre un moyen de transport et de se balader...Ce serait assez inutile cependant puisqu'il n'y a pas vraiment de quêtes annexes. Il existe néanmoins de légères variations scénaristiques, notamment à la fin du périple de Surlent, mais rien de bouleversant. Ce découpage scénaristique n'a pas que des avantages, il entraîne une certaine confusion, car les "méchants" ne sont pas les mêmes selon le scénario choisi et les motivations de ceux-ci quelques fois obscures.

Un mot sur la musique pour finir, celle-ci est de grande qualité. Certaines mélodies de Boss sont carrément excellentes, mais peu sont mémorables. Monsieur Ryuji Sasai n'est pas Uematsu ou Mitsuda.

Note sur l'émulation: utilisation de Snes9X ( version 1.53 pour Windows 7) pour ce test malheureusement avec quelque problèmes de son mais rien qui ne vienne entâcher l'expérience de jeu. Avec zsnes (v. 1.51 ) des graves mais ponctuel problème de son ne permettent pas de profiter du jeu dans de bonnes conditions...sauf si vous êtes sourd !

Ce personnage porte une tenue de camouflage pour daltonien.
Vous inquiétez pas tous les monstres ne ressemblent pas à une barbe-à-papa.

AU FINAL...

Qualité visuelle

La Super Nes est très bien exploitée, beau ,fin, les boss sont de bonne taille, tous les ennemis sont animés, chose trop rare à l'époque, les magies sont nombreuses et réussies, bref c'est quasi parfait. Pour chipoter on pourrait reprocher aux décors en combat d'être un peu terne et aux donjons une trop grande similitude.

 17

Qualité sonore

Toujours bonne, parfois excellent, mais rarement mémorable. Les mélodies collent parfaitement aux situations, du bon boulot donc mais sur ce support on a entendu mieux. Bruitages sympa: bruit de pas, de porte... mais rien de transcendant.

 16

Background

Plusieurs races mais pas grand-chose sur leur mythologie, pas mal de personnages mais à la personnalité à peine effleurées.

Clairement c'est le récit principal qui est mis en avant, vous avez 16 jours pour sauver l'humanité et découvrir ce qui se cache derrière ce cycle de destruction. Et comme le scénario est solide on ne peut que s'en féliciter.

 15

Interface - Jouabilité

Les menus sont clairs à défaut d'être jolis, le tout est classique, on peut sauvegarder sur la carte, dans les auberges ou à des statues dans les donjons. Le système de magie peut poser problème au début mais on si habitue. Dommage qu'on ne puisse pas changer de scénario a la volée. Votre personnage peut courir ce qui n'est pas révolutionnaire mais doit être signalé, classique mais efficace.

 16

Durée de vie - Rejouabilité

Plus d'une quarantaine d'heures à vue de nez ! Le soft étant linéaire et les quêtes annexes inexistantes, à part quelque Boss optionnel, la seule raison de vouloir refaire le jeu est la possibilité de commencer avec des magies de haut niveau.

 17

Gameplay - Intérêt

Que dire... le gameplay est pour moi parfait, du tour par tour avec indication de l'ordre dans lequel les actions vont être effectuées ce qui permet de planifier ses combats, Boss qui prennent une teinte rouge lorsqu'ils ont subits de lourd dégâts, c'est impeccable ! Hors combat peu d'interaction avec l'environnement mais on ne considèrera pas ça comme un défaut. Dans les magasins on vous indique si un équipement est meilleur etc...Du très solide.

 18

CONCLUSION

Malgré une certaine redondance de situations et de lieux, sa linéarité et sa difficulté mal dosée, Rudora no Hihou mérite toute votre attention grâce à sa réalisation en béton, ses scénarios travaillés, son système de magie génial et ses Boss à gogo .

Un des plus méconnus RPG de Squaresoft sur Super Nes, mais certainement pas le moins bon !

16.5 / 20

Commentaires

prout,

Je m'étais juré de le faire un jour celui-là ! 

herbert,

Eh ben t'attends quoi, c'est ce qui s'appelle une bon pioche, fonce !

herbert,

bonne pioche, désolé.

Nigel,

Ouais honnêtement j'avais bien aimé aussi. J'ai juste trouvé un peu dommage que les magies les plus puissantes sont quasiment disponibles de suite. Il suffit d'avoir un coup d'bol sur une combinaison et hop, Rudra no Hihou devient un peu trop facile.

Mais sinon, c'est une très bonne oeuvre à jouer absolument !

herbert,

Les plus puissante , tu exagère disons celles juste en dessous des enorme magie de boss de fin de scénario. La difficulté est bizarre, les 2 dernier boss de Sion sont des enfoirés...mais c'est le premier scénario que j'ai fait, c'est donc difficile de jugé puisque je n'avais pas les magie qu'on découvre dans les autres scénars.

Dreamer,

Ça m'etonerait que tu aies assez de mp Pour les utiliser les grosses magies dès le début. Un très bon jeu je me souviens, par contre la traduction était tellement pourrie à l'époque que j'avais préféré sortir le dico. J'espère que ça s'est amélioré depuis...

herbert,

Je crois que tu peu utiliser les grosses magies genre une fois en début d'aventure avec un "magicien" (Surlent, Riza...) 25MP quant tu en a 30 c'est évidemment pas utilisable , c'est juste pour ce faire plaisir. La trad ma pas paru pourave mais pas parfaite non plus, un ou deux passage mon paru étrange mais rien qui entache le plaisir de jeu.

Dreamer,

Y'a également les statistiques qui jouent sur la puissance des sorts. Ce que je reprochait à la traduction de l'époque c'était de ne pas tenir compte des différents dialectes et niveaux de politesse utilisés par les races.

herbert,

Effectivemment je n'ai pas remarqué de niveau de politesse différent mais les traducteurs on essayé de mettre en place un différenciation des languague par des artifices. La race des lézards fini ses  mots par tel cylabe et les sirènes par une autre. Comme écrit dans le test "Plusieurs races mais pas grand-chose sur leur mythologie, pas mal de personnages mais à la personnalité à peine effleurées."

Le background n'est pas le point fort. Si tu me dit qu'en plus il y a une perte a la traduction c'est bien dommage mais ne dis-ton pas "Traduire c'est trahir"? Mon niveau d'anglais etant faible et celui de japonais inexistant, je suis bien content qu'une version française existe même imparfaite.

prout,

traduire c'est trahir. j'aime bien ah ah

herbert,

C'est un peu vrai en plus. Avec des langue aussi différente que le français et le japonais, voilà quoi...

Je dis ça mais en  même temps je connais le japonais autant que l 'éléphant:)

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