Test de Shin Megami Tensei - Devil Survivor sur Nintendo DS

Encore un spin-off de la série des SMT vient poser le bout de son nez mais cette fois-ci sur DS. Encore un succès que je vais vous conter.

Fiche technique

Screenshot-titre du test de Shin Megami Tensei - Devil Survivor
Développeur Atlus
Langue Anglais
Difficulté Difficile
Genre T-RPG

Un démon dans la ville

Comme c’est énormément le cas maintenant dans les productions d’Atlus, Devil Survivor raconte les péripéties d’un groupe d’adolescents emportés malgré eux dans une énorme lutte pour l’existence. Nos trois jeunes héros se retrouvent en possession d’une sorte de pocket PC en forme de DS dont les propriétés sont étonnantes. Très vite, leur simple journée shopping dans un Tokyo contemporain va se transformer en une lutte pour la survie des plus Resident Evilesque ! En effet, à l’instar de Raccoon City, vous voici bloqué en plein milieu de Tokyo par les forces gouvernementales japonaises avec à vos trousses des hordes de démons, tous plus monstrueux les uns que les autres. La seule solution du gouvernement pour éviter cette prolifération démoniaque a été de bloquer tous les échanges possibles avec le fameux quartier où vous vous trouvez, mais pas de venir exterminer les démons à la source, qui sont désormais à vos trousses… Comme par hasard votre DS gentiment offerte au préalable a le pouvoir de manipuler certains démons et ainsi de se battre à armes égales avec l’ennemi, mais quel ennemi !!

Au programme du jeu : démons, anges, Dieu, fin du monde, manipulation médiatique, complot gouvernemental et j’en passe. Si je ne désire pas spoiler d’aucune façon que ce soit le jeu je devrais m’arrêter de présenter le scénario dès maintenant. Toujours est-il que je dois prévenir le joueur que l’histoire est très riche en rebondissement, très intelligente et très bien ficelée. L’impression de survie et de pression dans le temps et dans l’espace est superbement mise en scène et l’ouverture cosmique du jeu proche du génie (ouais rien que ça).

 

Le menu en combat
Un passage text-box

Tokyo 1997

A l’instar du film culte « New-York 1997 » vous allez ainsi devoir évoluer dans un milieu fermé du reste du monde. Ainsi les allers et retours dans des lieux qui deviendront alors familiers vont être monnaie courante tout au long du jeu. Comme c’est très souvent le cas dans les Megaten, vous n’aurez pas de déplacement sur une map, chaque lieu de Tokyo étant directement accessible par le menu correspondant. Et puisqu’il s’agit d’un Tactical-RPG, vous n’aurez à gérer aucun déplacement lors des lieux visités, uniquement des dialogues à mener ou des combats à effectuer.

Malheureusement votre aventure est comptée dans le temps. Pour des raisons liées au scénario que je ne dévoilerais pas, vous disposez uniquement de quelques jours pour mener à bien votre mission, comme c’est le cas dans The World Ends With You de Square-Enix. L’heure est aussi fatidique, comme ce serait le cas dans Shenmue. Ainsi certaines visites ne feront pas découler de temps (lieux déjà visités, zone d’entraînement) mais tous les passages scénaristiques auront une heure de rendez-vous et une durée. A savoir que cela vous obligera parfois à choisir une action plutôt qu’une autre, à sauver une personne plutôt qu’une autre, et aura un impact déterminant dans le scénario du jeu, jusqu’à en changer totalement la fin et l’orientation. A savoir qu’il existe 6 scénarios finaux, radicalement différents, dépendant uniquement de vos choix et dont chacun révèle des aspects différents du jeu s’affranchissant de toute notion de bonne ou mauvaise fin.

 

Voici la carte du jeu... euh...
Ca marche bien par case

Tokyo Ends With You

Les similitudes de Devil Survivor avec The World Ends With You (TWEWY) se comptent à la pelle et c’est parfois à se demander ce qu’il en est réellement. Les personnages arborent énormément de points communs dans le sens où ils sont la caricature japonaise de styles bien connus : geek, fashion, otaku, agent, furyo etc. La même durée fatidique d’une semaine avec des missions à effectuer par jour et une pression continuelle au niveau du timing. Un Tokyo plus vrai que nature duquel il est impossible de sortir et dont la visite et la revisite des lieux s’avère une étape à franchir de manière continuelle.


Les deux jeux ont aussi en commun cette réflexion religieuse portée par un scénario critique à l’égard de notre façon d’arborer notre place en ce monde.
Chaque journée commence par la réception d’un email annonçant le futur, très souvent sombre, et ainsi en quelque sorte la mission du jour à parfaire, comme c’est le cas dans TWEWY.
Des similitudes du genre on en trouve à gaver, surtout lorsqu’on enchaîne les deux jeux de rangs, et j’avais envie de le faire remarquer.

Baston!!!
Voyez sur la tête des personnages les temps en jours qui leur restent à vivre. Ca vous rappelle pas un peu Death Note tout ça?

Tactical Tokyo Agency

Devil Survivor a ce goût particulier des productions Atlus typiquement RPG mais avec une saveur psychologique nous rappelant les Survival-Horror. La même pression se fait ressentir dans ce jeu et les combats ont parfois un côté épique dans notre combat pour la survie.
Toujours est-il qu’Atlus a fait le choix de s’attaquer au Tactical-RPG ce qui est rare pour la firme. Plus qu’un simple tactical, Devil Survivor enchaîne les déplacements case par case conventionnels avec des combats en tour par tour à la Digital Devil Saga lorsqu’on rentre en contact avec l’ennemi et que l’on choisit d’engager la bataille. Ce savant mélange vous rappellera sans aucun doute l’excellent Bahamut Lagoon pour ne citer que l’ultime référence du genre.
Les combats en tour par tour en vue subjective à la Dragon Quest, utilisent les ingrédients typiques des dernières productions Atlus (DDS sus-cités, Nocturne…) en réduisant à un seul tour votre attaque de base. Mais bien entendu vous pourrez multiplier vos attaques selon comment vous avez boosté vos personnages, en attaquant via les points faibles de vos ennemis ou en assénant un coup critique.

Le jeu a cette particularité également de proposer une équipe composée d’un personnage humain principal et jusqu’à 2 démons l’accompagnant. Vous pouvez obtenir ces démons soit via une vente aux enchères accessible continuellement via le menu ou en fusionnant deux démons entre eux (autre caractéristique typique Megaten). Vous pourrez en obtenir de plus en plus puissant selon votre niveau, comme c’est très souvent le cas (à part dans Pokemon). LA fusion a cette avantage que l’on peut garder des compétences très intéressantes et ainsi composer des démons surpuissants. Ces compétences s’apprennent d’ailleurs via l’évolution des caractéristiques de vos démons. Ainsi, une nouvelle attaque ne sera disponible qu’à un certain niveau de force, à un certain niveau de magie, d’agilité, de vie etc.
En ce qui concerne votre personnage humain c’est un peu différent. Les compétences se volent en détruisant un ennemi ciblé au préalable et il faut avoir des caractéristiques suffisamment développées aussi pour pouvoir les ingurgiter.

On compose son équipe...
... et on se met un pti Draque... euh Devil Survivor pardon.

Papa, c'est quoi cette palette graphique ? Papa, comment on fait la musique ?

Devil Survivor est un très bon jeu ; mais c’est aussi un jeu moche. Les personnages en text-box sont pourtant joliment designés bien que classiques. Certaines animations en situation de combats sont terribles et il y a des effets vraiment bluffant. Néanmoins ce que l’on retiendra c’est surtout les graphismes en combat et donc des personnages longilignes tout moches et bien pixélisés, comme c’était le cas dans les Persona de la PSX.
Les décors sont très fades, tout comme les couleurs du jeu. Evidemment un jeu à l’ambiance sombre avec des couleurs chatoyantes ça aura fait tâche. Mais malgré cette cohérence dans le style, j’ai eu quelques accrochages de goût en ce qui concerne l’aspect visuel du jeu.
Le style un peu trop emo/fashion me laisse également quelque peu perplexe, mais on a l’habitude depuis les Persona.

Musicalement c’est comme tous les Megaten. C’est-à-dire ultra fade. Les ambiances sont assez bien marquées par des musiques soient inexistantes soit uniquement d’ambiance en ce qui concerne les passages clés, un peu comme un Survival justement, soit elles sont tout simplement pourries en ce qui concerne un peu tout le reste. Bref, c’est vraiment pas la joie. On a le droit encore une fois à l’intro qui ressemble à rien, chantée par une pouffiasse. Rien de bon de ce côté.
Ne comptez pas encore sur un doublage des voix, Atlus ne s’y est essayé que pour les Digital Devil Saga (et c’était bien d’ailleurs) mais n’a pas l’air d’apprécier ça. La politique Old-School des megaten oblige.
Les effets sonores sont bidons aussi, bref du grand rien.

J'en connais un qui va gagner un extra turn
Voyez ?! Qu'est-ce que j'avais dit !

Shin Megami Tensei, what else ?!

On attaque le dernier paragraphe du test. Je n’ai pas grand-chose à rajouter à ce qui a été dit plus haut, je pense que vous avez saisis le style de jeu que vous pourriez avoir dans les mains. Si je devais préciser plus de choses ce serait à un niveau qualitatif. Je tiens à préciser que Devil Survivor est un très bon jeu. Il n’est pas exempt de défauts, ne disposent pas d’idées révolutionnaires. Pourtant l’ensemble m’a carrément emballé. Que ce soit le ficelage du scénario, cette impression de pression continuelle sur vos personnages, l’approche apocalyptique du jeu, tout est délectable.
Les combats sont captivants bien que certains soient un peu rébarbatifs et qu’il faut souvent faire du level-up. L’ensemble de l’évolution des personnages et démons est prenant, comme dans un Pokemon. Bon vous me direz vla la référence quoi, n’empêche que Pokemon c’est marrant à jouer ah ah.
Bon on va s’arrêter là sinon vous n'allez plus croire mon test. C’est un jeu à faire, un point c’est tout !

Je voulais vous montrer ce que ça donne sur DS
Et on finit sur l'enchère remportée !

AU FINAL...

Qualité visuelle

Les artworks sont correctes, certains effets en combat sont classes et les choix du design et des couleurs sont cohérents par rapport à l'ambiance du jeu souhaitée. Malgré tout ce n'est pas magnifique.

 12

Qualité sonore

C'est franchement tout pourri. Des effets bof, aucune vie dans les persos, des musiques à la limite de la chiantise. Le point négatif du jeu.

 5

Background

Le jeu est oppressant. Il est rare dans un RPG d'avoir cette peur de mourir ou de ne pas arriver à nos fins et ce, de manière continuelle. En ce sens le background du jeu est une vraie réussite. Sans parler du scénario très bien ficelé et très riche en rebondissement sans tomber dans la révélation outrancière.

 16

Interface - Jouabilité

Point très important dans un tactics, Devil Survivor a parfaitement tenu son pari d'arriver à proposer un jeu intuitif, accessible, plaisant et accrocheur.

 15

Durée de vie - Rejouabilité

Pour connaître tous les tenants du scénario il est obligatoire de refaire le jeu 6 fois car chaque scénario s'obtient indépendamment des autres. Le new game+ rapidifie les parties suivantes, mais malgré tout une trentaine d'heure est à pourvoir par partie. Autrement dit c'est béton.

 18

Gameplay - Intérêt

Il s'agit là d'un RPG très prenant, très accrocheur, à l'ambiance béton, aux idées simples pourtant bien mises en scène. Le jeu est agréable à jouer en tout point. Pour moi c'est une vraie réussite.

 16

CONCLUSION

Vous aimez les productions décallées, les jeux originaux?? Vous aimez le old-school avec du leveling-up et compagnie? Vous aimez les histoires evil à la Shin Megami Tensei? Vous avez une DS?? Bah qu'est-ce que vous foutez encore à lire mon test alors? Une vrai bombe ce jeu !

14 / 20

Commentaires

Nigel,

T'es en vacances, toi ça se sent ^^v

En tout cas, très bon test ! Et ce sera certainement la prochain jeu console pour ma part (en retirant le son x_x)

prout,

J'ai moins eu le feeling pour l'écrire celui-ci.

Vacances c'est un bien grand mot, je suis juste plus inscrit null part mais j'ai jms autant été actif !

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