-- Test de The World Ends With You sur Nintendo DS --

Nouvel essai du studio Jupiter, à qui l’on doit Kingdom Hearts : Chain of Memories sur GBA, The World Ends With You est une sacré surprise sur Nintendo DS et je m’en vais vous en parler tout de suite !

Fiche technique

Screenshot-titre du test de The World Ends With You
Développeur Jupiter
Langue Anglais
Difficulté Moyenne
Genre A-RPG

The Design Ends With You

J’ai pour habitude de commencer mes tests par présenter l’histoire générale du jeu afin de poser les bases et de rendre l’ambiance du RPG. Mais ce coup ci je vais changer mes habitudes car The World Ends With You, TWEWY, comme on l’appellera par la suite, frappe par un tout autre aspect que celui de son scénar. En effet, TWEWY est avant tout une œuvre visuelle, que je qualifierais très simplement d’emo-urbaine. Derrière ce néologisme se cache deux idées.

Le terme emo vient de la contraction d’emotional en anglais, issue de la scène punk hardcore américaine le terme désigne aujourd’hui tout un tas de clichés passant de la tektonik aux derniers vagabondages de Dir En Grey. La coupe de merde, le sweet à capuche, le style punk à roulette Avril Lavigne rebelle etc. sont d’autant de clichés qui nous permettent d’identifier TWEWY dans ce style là. Les designers du jeu ont mis la main basse sur cette scène en incorporant des habits à la mode emo mais aussi des accessoires, des lieux, des graffitis etc. Tout ceci forme l’ambiance de TWEWY et le premier mur à franchir lorsqu’on a un peu d’amour propre, qu’on n'est pas fan des Kingdom Hearts et qu’on en a rien à foutre de Kimura.

Urbain ? Parce que l’intégralité du jeu se fera dans Shibuya un quartier de Tokyo réputé pour être ultra hype et trend. Parait-il, d’après d’autres critiques, que le jeu est fidèle au quartier présupposé, alors soit je vous en informe. Les bars, les salles de jeux, les cabines téléphoniques, les magasins de zics, de fringues, les fastfoods et la rue seront vos terrains de jeu. On est bien loin des épopées grandiloquentes d’un Grandia premier du nom vous faisant voyager à travers un monde que l’on croit infini. Tout se passera dans ce petit quartier de Tokyo sans aucune liberté d’en sortir mais avec cette impression de jungle urbaine très pesante.

Les "cinématiques" du jeu sont de ce genre là.

Voici à quoi ressemble le menu. A savoir que celui-ci se rempli au fur et à mesure de l'aventure

The Scénar Ends With You

Et pourtant... pourtant avec un départ difficile, l’intrigue très bien ficelée du jeu m’avait subjugué dès les premières secondes. Neku, notre jeune héros donc, se réveille au milieu d’un Tokyo bruyant et en pleine activité, avec un pin's d’origine inconnue à la main mais qui lui permet de lire dans les pensées des gens. Aucun souvenir ni aucun repère, Neku est perdu dans cette jungle urbaine et sera très vite attaqué par des monstres sortis de nulle part. Un pacte créé avec l’insupportable Shiki aura vite fait de l’aider à se sortir de ce mauvais pas. Bien que sortie elle aussi de nulle part, elle expliquera les rudiments de la vie à Neku et principalement le pourquoi du comment. Ils sont en fait enfermés dans un jeu qui finira au bout de 7 jours.
A chaque journée sa mission où l’échec n’est, à priori, pas permis. En effet, le moindre faux pas et les faucheurs viendront vous « effacer ». Il va maintenant m’être très difficile de vous en apprendre un peu plus sans vous spoiler lamentablement le jeu. Disons juste que du résultat du jeu dépend votre futur, pardon, votre vie.

TWEWY se fera alors sur 3 périodes de 7 jours avec toujours un partenaire différent et un but différent au bout des 3 périodes. Vous avez alors 21 jours pour en prendre plein le faciès de révélations détonantes et de rebondissements inattendus et délectables.

Pour lancer cette technique il fallait faire des mouvements verticaux sur l'écran tactile

Et ici tapoter le plus vite possible.

The Graph' Ends With You

Graphiquement, le jeu est stylé comme un comics. Ainsi les passages scénaristiques sont découpés comme une bande dessinée se rapprochant plus des américaines que des nippones ou franco-belges. Avec les bulles de discussion dynamique qui partent ça et là, la dimension scénaristique s’en trouve grandement renforcée et ajoute une part à l’ambiance du jeu. Ce n’est pas particulièrement joli, mais les arts 2D sont agréables à voir quand même.

Les passages exploratoires sont abominables. Ca pixellise à mort et les couleurs sont ultra fades. On a voulu repomper du Jet Grind Radio de SEGA pour donner une impression de profondeur à des persos et décors 2D. Ceci sur une console, qui rappelons-le, n’est absolument pas faite pour gérer la 3D (temps réelle ou non). Mais bon c’est aussi ça "être à la mode" ; les jeux en 3D psx aussi étaient moches.

Lorsque l’on passe en mode combat par contre ça va déjà beaucoup mieux. C’est plus coloré, plus chatoyant. Les perso disposent de plus de pixels, ils sont plus grands aussi faut dire, et ça rend beaucoup mieux. Quand en plus c’est ultra fluide, ça devient un plaisir d’entrer en mode combat.

Chais plus moi

Un cercle je crois !

The Music Ends With You

Mon titre porte cette fois ci excellemment bien son nom. TWEWY, les musiques meurent bel et bien avec toi. C’est tout bonnement horrible. Entre la j-pop de merde, le hip-hop ultra minimaliste et naze et les musiques d’ascenseurs, j’assiste ici à un vrai désastre musical. Il y a en tout et pour tout UN SEUL thème correct qui vient d’ailleurs appuyer les passages dramatiques du jeu. Comme quoi dès que ça devient intéressant on est obligé de faire quelque chose qui n’est pas dans le vent et donc mieux, CQFD.

Ce qui est sympa par contre c’est le principe accolé aux musiques. Vous pouvez en effet acheter celle-ci en mag et vous les passer comme vous voulez sur la carte ou les écouter dans le menu. Sinon le lot de base est tout simplement aléatoire. Ca change un peu quoi. Enfin bon entre mettre un truc pourri pour un autre truc pourri… moi j’dis ça j’dis rien.

Vous voyez ici les deux écrans

Et là une technique spéciale

The Interface Ends With You

TWEWY enterre tout simplement tout ce qui s’est fait jusqu’ici sur portable. C’est le jeu le plus riche qui m’ait été donné de voir sur portable en matière d’interface. Le jeu est tellement bien calculé que ça en deviendrait ultra lourd de tout décrire, je vais donc faire au plus court.
Les interactions de vos personnages avec le quartier de Shibuya sont telles que les fringues que vous allez acheter à tel magasin vous confèreront tels attributs utiles lors des combats. Manger tel aliment agrémentera votre statut mais pour cela un temps de digestion est à prendre en compte, attention aussi à ne pas prendre trop de poids.

Vous pourrez passer d'une map à l'autre après avoir réussi certaines épreuves. Certains défis se limiteront à déboîter du méchant, alors que d’autres iront jusqu’à vous faire traverser tout Shibuya soit pour un objet, soit pour lire les pensées des gens et y insuffler vos propres idées, faire des combats de pin's en temps réel à la Beyblade, retrouver quelqu’un etc. Tout ceci sera possible grâce à l’utilisation de pin's aux propriétés étonnantes.

Les pin's, parlons-en, est la grande ingéniosité de TWEWY. Déjà ce sont eux qui vont vous donner des techniques utilisables en combat. Ainsi équiper tel pin's vous donnera la possibilité d’avoir telle attaque. Mais la grande originalité de ces matérias du pauvre sont que l’évolution de ceux-ci peut se faire de deux manières. Soit vous gagnez de l’expérience en combat, comme à l’habitué, soit vous éteignez votre console et le pin's gagne de l’xp selon le temps où vous n’avez pas joué à TWEWY !!! Le plus impressionnant dans tout ça, c’est que chez certains pin's l’évolution n’est pas la même selon qu’on le boost en combat ou en éteignant la console !! Vous voici avec une combinaison ultime de techniques dont vous êtes loin d’avoir fait le tour, en effet, il existe 300 pin's dans le jeu…

"Tu veux passer la porte, bâtard ?!"

"T'es bonne mais qu'est-ce que t'es conne"

The Battle Ends With You

Un autre point très fort de TWEWY mais aussi son plus gros point faible se retrouve au niveau des combats. La plupart des combats ne sont pas obligatoires, c’est à vous de scanner la carte et de sélectionner les ennemis que vous allez combattre. Une fois le combat lancé une nouvelle fenêtre s’ouvre… et c’est le blast !
Comme précédemment illustré, c’est en équipant des pin's que l’on obtient des attaques qui diffèrent ainsi selon les pin's choisis. Les attaques se font au stylet et sont très intéressantes. Entre les cercles, les slash, les gribouillis, bref ce que vous voulez, vous allez manier du stylet dans tous les sens comme jamais. C’est lors des combats que le terme Dual Screen de la console prend tout son sens. En effet, vous avez le contrôle de Neku au stylet sur l’écran du bas. Mais rien ne vous empêche en même temps de contrôler le second personnage avec le pad, sur l’écran du haut !! Comment faire alors ?? Bah faut faire un choix dans la vie. Moi j’avais une technique de porc ou je faisais un peu n’importe quoi avec le stylet et je contrôlais beaucoup le perso du haut, qui lui seul peu apporter une attaque spéciale à faire en duo. On obtenait cette attaque en enchaînant des coups dans un ordre bien particulier qui diffère selon le personnage secondaire (3 différents en tout, un par période). Bien entendu je ne rentre pas dans tous les détails, il y en a beaucoup trop !

En tout cas, les combats en temps réel donnent un sérieux coup de boost à l’ensemble du soft et le démarque des autres RPG du moment. Même si les deux écrans sont carrément foireux à utiliser ensemble, rassurez-vous, le personnage du haut peut aussi être contrôlé par une intelligence artificielle dans le jeu, ouf ! Et si le combat est trop difficile vous pouvez même réduire la difficulté du combat dans le menu, ou, une fois le bon pin's obtenu, recommencer celui-ci à l’infini jusqu’à lui foutre la pâté à ce boss !

Menu rudimentaire des pin's

Un passage d'exploration (y'en fallait bien un)

It's A Wonderful World

J’aime bien finir mes tests avec une petite touche personnelle à la fin. Un p'tit coup de gueule souvent, et d’autres fois une explosion de sentiments chantant les louanges d’un RPG magnifique. Pour TWEWY, ce sera les deux.

Le coup de gueule se situe bel et bien au niveau de l’emo attitude de tout le jeu. Le personnage de Shiki est à claquer. La plupart des personnages sont trop à la mode pour être pris au sérieux et les musiques sont vraiment à chier de chez à chier. Tout l’emballage du jeu est à gerber en fait. C’est vraiment un truc pour pauvres teens japonais de merde et franchement ça me fait trop chier d’avoir à payer cette merde faite pour plaire à des gens ultra beaufs et pas intéressants. Bref ceci est la politique Square-Enix, on se refait pas hein ? Bande de cons.

Sinon bah bordel, j’ai grave été étonné de voir que Square pouvait encore sortir des jeux biens et qui plus est originaux. L’exploiteur de licence puissance 1000 m’a tué là ! Bon ok y’a Jupiter derrière qui s’est bien bougé pour nous pondre un jeu à la forme abjecte mais au fond écrasant en très grande partie les productions actuelles, mais les commanditaires ont bien fait leur boulot. C’était pas arrivé depuis FFVIII ça (bouh la mauvaise langue !!!!!). TWEWY est une vraie bombe à retardement. Au début j’ai été curieux, puis surpris, puis accro et une fois le jeu fini et le temps passant je remarque à quel point j’ai eu la chance de faire un bon jeu.
Du coup mon coup de gueule précédent est encore plus rageant car sans cet artifice pourri à côté j’aurais pu obtenir le jeu qui m’aurait claqué la gueule sur DS, au lieu d’avoir juste un bon jeu à faire…



AU FINAL...

Qualité visuelle

Dans l'ensemble c'est pas terrible. Les décors sont fades, les couleurs mauvaises et les personnages beaucoup trop pixellisés. Par contre les combats sont assez agréable à l'oeil.

 9

Qualité sonore

C'est à chier. Un torchon sonore à jeter de toute urgence. Seul un thème vaut le coup, tout le reste c'est de la merde.

 2

Background

Très travaillé, Shibuya présente son lot de mystères à découvrir. Les développeurs du jeu ont su à merveille faire ressortir une impression de cage urbaine rendant le jeu pesant mais tout autant addictif.

 16

Interface - Jouabilité

Excellente. Sans aucun doute la meilleure qui existe sur DS.

 18

Durée de vie - Rejouabilité

Vous pouvez finir le jeu en 20h00 mais finir le Another Day une fois le jeu débloqué relêve du miracle. Si vous aimez les combats le jeu obtient alors une durée de vie quasi infinie...

 18

Gameplay - Intérêt

Ultra agréable à prendre en main, tout a été pensé pour que le joueur puisse y jouer partout et quand il le souhaite même juste 5min. bravo.

 16

CONCLUSION

Un très bon jeu DS. Sans doute un des RPG portable qui va rester. Non pas qu'il ne comporte aucun défaut, bien au contraire, mais ses qualités font que ce jeu s'avère être un des meilleurs de la DS.

14/20

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